Nos Devoirs Envers le Pape

Un tel titre pourrait surprendre. Nous l’avons emprunté à un tract publié à Montréal en 1944, qui mettait en lumière le devoir des catholiques envers le Pape. Une fois encore, il est bon de se souvenir de la doctrine catholique. Nous conseillons donc fortement la lecture de ce petit ouvrage (20 pages) consultable ici. Un extrait d’une Lettre collective des évêques du Canada y est rapporté. Nous le reproduisons ici, afin que tous puissent en bénéficier, et dire avec joie « Je me souviens »:

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Tract paru en 1944 à Montréal, d’une actualité frappante: « Je me souviens ».

« 75. Obéissez au Pape, Nos très chers frères, car qui n’écoute pas le Pape, n’écoute pas le Christ, ni le Père qui est dans les cieux: Qui vos spernit, me spernit; qui autem me spernit, spernit eum qui misit me, Patrem.
« 76. Obéissez toujours au Pape; quand il parle, quand il instruit, quand il conseille, quand il exhorte, comme quand il reprend ou condamne. Il est toujours la règle suprême de la vérité et du salut, car le Christ a prié pour lui, afin que sa foi ne défaille jamais, mais qu’il puisse, au besoin, confirmer et affermir ses frères dans la foi: Ego autem rogavi, ut non deficiat fides tua; et tu aliquando conversus, confirma fratres tuos.
« 77. En catholiques sincères et loyaux, acceptez la suprématie du Pape dans sa plénitude. Il est docteur, il enseigne; sa doctrine s’impose; l’intelligence, éclairée par la foi, se doit de l’accepter. Il est chef aussi, il ordonne ou il défend; il a le droit de commander aux consciences, de leur définir le devoir et d’exiger d’elles l’obéissance, parce qu’il est le Chef spirituel et qu’il a la responsabilité de toute l’Église, de chacune des Églises particulières et de chacune des âmes baptisées.
« 78. Qu’il n’y ait pas de place parmi vous, Nos très chers frères, pour cette erreur, trop répandue dans le monde insuffisamment instruit des vérités religieuses, qui prétend qu’un catholique n’est tenu de respecter que les seules définitions infaillibles du magistère ecclésiastique. Cela laisserait croire que le Pape n’est Souverain Pontife et Chef de l’Église que lorsqu’il parle ex cathedra. La vérité est plus vaste, plus riche, plus complète: le Pape possède l’infaillibilité et aussi l’autorité; il peut définir une vérité de foi à croire, et il peut aussi, et il le fait quotidiennement, exposer ou rappeler la doctrine de l’Église dans une lettre encyclique ou de toute autre manière officielle.

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« Nous déclarons, disons et définissons qu’il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d’être soumise au pontife romain. » (Boniface VIII, Bulle Unam Sanctam, 18 novembre 1302).

« 79. Dans les deux cas, le Pape doit être écouté, obéi. Si quelqu’un rejetait l’enseignement infaillible du Pape, il deviendrait nettement hérétique. Si quelqu’un refusait d’accepter la doctrine ordinaire du Pape, il commettrait une témérité grave et exposerait sa foi aux risques de l’erreur. Il ne faut pas confondre l’infaillibilité du Pape avec son autorité doctrinale. L’une est différente de l’autre; l’exercice de la seconde n’entraîne pas nécessairement l’exercice de la première. Mais l’une et l’autre exigent l’adhésion de notre esprit et la soumission de notre volonté; l’une et l’autre relèvent du magistère pontifical.
« 80. Que votre respectueuse soumission s’étende à tout l’enseignement du Souverain Pontife, non seulement sur les choses qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi sur les principes qui doivent nous guider dans les questions sociales, économiques et politiques. Le rôle du Pape, le devoir du Pape, donc le droit du Pape est de « ramener à la règle et au droit sentier de l’honnêteté, dans la vie publique et dans la vie privée, sur le terrain social et sur le terrain politique comme sur le terrain strictement religieux, tous les hommes et chacun d’eux en particulier, ceux qui commandent et ceux qui obéissent, car ils sont tous fils d’un même Père qui est aux cieux ».
« 81. Que votre obéissance, Nos très chers frères, soit filiale, vous êtes les fils d’un même Père. Que votre obéissance soit joyeuse et empressée, vous êtes les enfants du meilleur des Pères. »

Nous ne reconnaissons pas Français/Bergoglio comme vrai Pape. Mais étant parfois accusés de vouloir imposer cette conclusion théologique, nous voulons en fait simplement montrer que la conclusion opposée est inconciliable avec la doctrine catholique. Parmi ceux qui ont résisté aux changements de Vatican II, nombreux sont ceux qui maintiennent que Bergoglio est réellement Pape, le Vicaire du Christ sur terre, mais que pour préserver la foi l’on doit cependant lui résister (d’où le nom de « R&R », « Reconnaître et Résister », donné à cette position).

 

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« …il est de foi… que tous ceux qui se glorifient du nom catholique, doivent non seulement être unis au Pontife Romain quant à la foi et aux dogmes, mais également lui être soumis quant à la liturgie et à la discipline. » (Pie IX).

Si donc ces personnes résistent aux erreurs de Vatican II, qu’avons-nous donc à leur reprocher? Pourquoi insister sur la non-papauté de François/Bergoglio?

 

La réponse est simple: parce qu’une telle position est contraire à la foi catholique, contraire à la doctrine et à la discipline de l’Église catholique.

Certes nous n’avons pas de juridiction pour imposer avec autorité de conclure à la non-papauté de Bergoglio, et nous ne le prétendons pas, mais nous pouvons (et nous devons) rappeler que résister à une personne reconnue comme Pape est une grave erreur, condamnée à de multiples reprises. Et puisque nous ne prétendons justement pas imposer notre propre pensée mais seulement rappeler l’enseignement de l’Église, nous rapportons ici un certain nombre de textes (mis en forme par nos soins) qui le montrent clairement, et qui, eux, obligent les fidèles et jouissent de l’autorité du magistère de l’Église.

 

  • Pie IX, Encyclique Quae in patriarchatu, 1er septembre 1876.

Contexte: Pie IX instruit les fidèles d’un Patriarche chaldéen désobéissant qu’il ne suffit pas de professer oralement le dogme de la Primauté du Pape, et rappelle que l’on ne peut refuser « la soumission de l’obéissance » au Pape sans mettre par cela même la foi catholique en danger.

Pie IX
« …il s’agit de reconnaître Son pouvoir suprême même sur vos Églises non seulement en ce qui concerne la foi, mais encore en ce qui concerne la discipline. Celui qui nie cela est hérétique; celui cependant qui le reconnaît et refuse obstinément d’obéir est digne d’anathème. » (Pie IX).

« À quoi sert-il en effet de professer le dogme de la Primauté du Bienheureux Pierre et de ses successeurs, de publier tant de déclarations de foi catholique et d’obéissance au Siège Apostolique, quand en réalité ses œuvres contredisent ouvertement ses paroles? Bien plus, la rébellion n’est-elle pas d’autant plus inexcusable que le devoir d’obéissance est reconnu? L’autorité du Siège Apostolique ne s’étend-elle pas aussi aux mesures que nous avons du prendre, ou bien suffit-il d’être en communion de foi avec lui sans la soumission de l’obéissance – choses qui ne peuvent être dites sans danger pour la foi catholique? […]

Par conséquent, nous avons estimé devoir vous envoyer cette encyclique, Vénérables Frères, ainsi qu’à tous et chacun des fidèles de votre rite, pour que, instruits du réel état des choses, vous sachiez que tout ce qu’a fait jusqu’ici votre Patriarche est absolument contre les décrets et constitutions de Nous-mêmes et de ce siège apostolique, et que Nous rejetons et réprouvons toutes ces choses, et que par conséquent vous ne devez pas, bien plus vous ne pouvez pas, lui obéir en tout ce qu’il peut commander contre Nos ordonnances et celles de ce Siège Apostolique. Prenez garde de ne pas être trompés par de faux récits ou des rapports calomnieux qui naissent de l’envie, comme s’il était question, comme ils disent, de rites ou de nationalités. Il s’agit en effet, Vénérables Frères et fils bien-aimés, il s’agit de montrer ou de nier obéissance au Siège Apostolique, il s’agit de reconnaître Son pouvoir suprême même sur vos Églises non seulement en ce qui concerne la foi, mais encore en ce qui concerne la discipline. Celui qui nie cela est hérétique; celui cependant qui le reconnaît et refuse obstinément d’obéir est digne d’anathème. Si quelqu’un donc, pensant qu’il en était autrement, s’est écarté du droit chemin, se hâte de se repentir ; et que tous, s’ils éprouvent comme ils le doivent une sincère charité pour leur Patriarche, s’efforcent de le ramener dans le droit chemin, soit par des monitions, soit par des exhortations, soit par des prières à Dieu, chacun selon le don du Seigneur. »

 

  • Concile du Vatican, Constitution Pastor Aeternus, 18 juillet 1870.

« Nous enseignons et déclarons que l’Église romaine possède sur toutes les autres, par disposition du Seigneur, une primauté de pouvoir ordinaire, et que ce pouvoir de juridiction du Pontife romain, vraiment épiscopal, est immédiat. Les pasteurs de tout rang et de tout rite et les fidèles, chacun séparément ou tous ensemble, sont tenus au devoir de subordination hiérarchique et de vraie obéissance, non seulement dans les questions qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui touchent à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier. Ainsi, en gardant l’unité de communion et de profession de foi avec le Pontife romain, l’Église est un seul troupeau sous un seul pasteur. Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s’écarter sans danger pour sa foi et son salut. […]

Concile du Vatican 1870
« Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s’écarter sans danger pour sa foi et son salut. » (Concile du Vatican de 1870).

Parce que le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église, nous enseignons et déclarons encore qu’il est le juge suprême des fidèles et que, dans toutes les causes qui touchent à la juridiction ecclésiastique, on peut faire recours à son jugement. Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. »

 

  • Pie IX, Lettre Apostolique Non sine gravissimo, 24 février 1870.

« …il est nécessaire, Vénérable Frère, que vous rappeliez et inculquiez dans l’esprit des fidèles confiés à votre charge, qu’il est de foi que le Pontife Romain, en la personne du Bienheureux Pierre, a reçu de Notre Seigneur Jésus-Christ le plein pouvoir et l’autorité de paître, régir et gouverner l’Église universelle; que l’exercice entier et libre de cette autorité ne peut être limité et restreint à aucun territoire ou nationalité; et que tous ceux qui se glorifient du nom catholique, doivent non seulement lui être unis quant à la foi et aux dogmes, mais également lui être soumis quant à la liturgie et à la discipline. »

 

  • Pie IX, Encyclique Quartus supra, 6 janvier 1873.

Contexte: Pie IX traite d’arméniens désobéissants, excommuniés pour cette raison, et qui prétendent que leur excommunication était de nulle valeur, et qui justifient la continuation de leur ministère par le besoin des fidèles, même contre la volonté du Saint-Siège. Les analogies à faire avec le comportement de certains groupes contemporains sont évidentes.

« Il est en effet étranger, tant à la constitution divine de l’Église qu’à sa tradition perpétuelle et constante, que quelqu’un puisse prouver sa foi catholique et s’affirmer véritablement catholique tandis qu’il ne se soumet pas à ce Siège Apostolique. […]
Ces choses sont d’une telle importance, que quiconque a été jugé schismatique par le Pontife Romain doit absolument cesser d’usurper le nom catholique tant qu’il n’admet et ne révère pas expressément son pouvoir.

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« Il est en effet étranger, tant à la constitution divine de l’Église qu’à sa tradition perpétuelle et constante, que quelqu’un puisse prouver sa foi catholique et s’affirmer véritablement catholique tandis qu’il ne se soumet pas à ce Siège Apostolique. » (Pie IX).

Mais comme cela n’aide en rien les néo-schismatiques, ces derniers ont suivi les vestiges des hérétiques récents, et ils ont proclamé que la sentence de schisme et d’excommunication portée contre eux en Notre nom par le Vénérable Frère Archevêque de Tyana, Délégué Apostolique à Constantinople, était injuste, et par conséquent de nulle valeur et de nulle importance. Ils ont dit ne pouvoir l’observer, de peur que les fidèles ne soient privés de leur ministère et n’aillent rejoindre les hérétiques. Or voilà des choses nouvelles absolument inouïes et inconnues des anciens Pères de l’Église. En effet l’Église entière, dans le monde entier, sait que le Siège du Bienheureux Apôtre Pierre a le droit de délier les liens imposés par la sentence de tout évêque quel qu’il soit, puisque ce Siège a le droit de juger toute église, et qu’il n’est permis à personne de juger sa décision. […]
Mais les néo-schismatiques disent en effet qu’il ne fut pas question de dogme, mais de discipline… Certes, nous ne doutons pas que vous comprenez pleinement combien c’est là un subterfuge futile et vain.[…] La faction arménienne de Constantinople ayant fait ces choses, personne ne pouvait les considérer entièrement immunes de la faute de schisme, même s’ils n’avaient pas encore été condamnés comme tels par l’Autorité Apostolique. »

 

  • Saint Pie X, Discours aux prêtres de l’Union Apostolique, 18 novembre 1912.

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« Celui qui est saint ne peut être en dissentiment avec le Pape. » (Saint Pie X).

« Quand on aime le Pape, on ne discute pas au sujet des mesures ou des ordres qu’il donne ; on ne recherche pas jusqu’où doit aller l’obéissance, et quelles sont les choses dans lesquelles on doit obéir. Quand on aime le Pape, on n’objecte pas qu’il n’a pas parlé assez clairement, comme s’il était obligé de répéter à l’oreille de chacun ses volontés clairement exprimées, tant de fois, non seulement de vive voix, mais encore par des lettres et d’autres documents publics ; on ne met pas en doute ses ordres, sous le prétexte, si facile pour celui qui ne veut pas obéir, que ce n’est pas le Pape qui commande, mais ceux qui l’entourent. On ne limite pas le champ où son autorité peut et doit s’exercer. On ne préfère pas à l’autorité du Pape celle d’autres personnes, si doctes soient-elles, qui ne sont pas du même avis que le Pape : car, si elles ont la science, elles n’ont pas la sainteté, parce que celui qui est saint ne peut être en dissentiment avec le Pape. »